Dégustation verticale au Château de Vaudieu: un grand moment!
Par Administrateur, 27 fév à 15:14 :: Gastronomie :: #55 :: rss
Le meilleur moyen de se délivrer de la tentation est d'y céder, selon Oscar Wilde. Une maxime que nous avons appliquée à la lettre en cette sympathique journée à Vaudieu. Il est vrai que déguster dix vins sur différents millésimes du domaine fût un moment… divin, mais néanmoins tentant aux abords de l’heure du déjeuner. Nous ne pouvions donc rester sur notre faim, et grâce à nos amis Eric Sapet et Patrice Robail, son marmiton de luxe, l’heure fût à la tentation assouvie à table.
Mais avant ce bon repas, nous avons remonté le temps, et d’une manière plutôt originale. Le temps d’un verre de Blanc 2006 brut de cuve, et l’assemblée pris place dans la salle du billard pour une verticale, tout d’abord sur les Blancs du Château.
Après un 2006 tout en gourmandise et en générosité, c’est un Blanc 2005 d’une grande droiture et d’une impressionnante minéralité qui a ouvert le bal. Suivent le 2004, sur de jolies notes d’agrumes confites et miellées, d’une belle vivacité, puis le 2002, tout en finesse, avec une bouche de mi-puissance, et de la longueur, pour une cuisine douce et élégante. Le 2001 a frappé par son équilibre, délicieusement gras et citronné, avec un tout début d’évolution sur le sous-bois.
Mais là où les Blancs du Château nous ont étonné, c’est sur la garde: un 1996 de toute beauté, sur des notes de cire et de beurre frais, délicieusement miellées. Et en guise de bouquet final, c’est un blanc 1992 qui a emporté la décision, en fervent défenseur des bienfaits du temps. Etonnant de fraîcheur, sur des notes de fruits confits, de noix fraîche, de pâte de coing, il restera comme un grand souvenir, et un grand moment de plaisir.
Puis place aux rouges, avec l’éclairage technique de Philippe Cambie, qui en compagnie de Didier Piquion, notre maître de chai, contribue à l’éclosion de Vaudieu depuis plusieurs années.
Sens inverse cette fois puisque nous revenons au présent. Un 2001 pour commencer, félin autant que féminin, sur des notes poivrées, épicées et du fruit encore bien présent. 2003 est le millésime de transition, avec des rendements limités, et des maturités bien plus profondes qu’auparavant. Au final un vin puissant, solaire, très riche, avec une belle finale sur le zan. 2004 prend le relais, toujours très mûr sur les fruits noirs, et une grande élégance. Le coup de cœur de l’assemblée. Sur 2005, on fait encore un pas de plus dans la profondeur. Pleinement dans le style Châteauneuf-du-Pape, il est encore tout jeune, mais puissant, opulent et très riche.
Ce qui marque sur l’approche des rouges, c’est la profonde évolution sur les millésimes récents. On assiste clairement à l’éclosion de vins magnifiques, sur la puissance, parfaitement maîtrisée, et sur la gourmandise. Cette évolution notable se retranscrit également dans le potentiel de garde de ces vins, qui sont armés pour affronter le temps : « pendant plus de 20 ans selon Philippe Cambie ».
En guise de synthèse, force est de constater que les Blancs de Vaudieu sont merveilleux sur l’évolution. L’harmonie qu’ils dégagent est le signe de leur plénitude au fil des ans. Quant au Rouges, la charge est sonnée, et les 5 derniers millésimes affichent crescendo l’arrivée de Vaudieu au firmament des Châteauneuf de grande classe.
Les autres vins de la famille ont conforté cette impression chez nos convives, à table. Les terrines de lapin, de faisan et de sanglier ont été exquises en compagnie du très beau Domaine des Bosquets 2004. Le cuissot de cochon de lait aux pommes et au boudin landais a été l’occasion de déguster la cuvée Val de Dieu 2003 du Château, d’une profondeur impressionnante. Et que dire du Crumble aux fruits rouges, avec l’exubérant mais très convoité Domaine de la Jérôme 2006.
Un délicieux moment, en compagnie d’amateurs éclairés, de vins gourmands, et d’une cuisine magnifiant les accords du maître Eric Sapet, passé au piano pour l’occasion.